Les toxiques du bâtiment

Les 4 toxiques du batiment les plus traités selon l'article 16 de l'ordonnance sur la limitation et l'élimination des déchets (OLED). Ces toxiques sont à l'heure actuelle les plus répandus dans les législations et exigences cantonales. D'autres polluants sont sur l'heure étudiés et seront probablement réglementés à moyen voire court terme.

Amiante.
 

L'amiante désigne une famille de roche sillicate fibreuse présentant des caractéristiques fortes intéressantes telles que résistance mécanique et chimique, ininflammable, absorption et restitution d'eau, tissable... et surtout bon marché si bien qu'elle s'est retrouvée dans de nombreux secteurs et applications.

 

Dès la fin de la seconde guerre mondiale, le secteur du bâtiment en a fait un tel usage qu'on estime sa présence à 75% du parc immobilier actuel, par convention soit tout ce qui a été construit, transformé et rénové avant 1991. La SUVA prend en considération le début de l’importation de l’amiante en suisse comme date d’origine, à savoir 1905.

 

Dans le bâtiment, les fibres d’amiante ont été utilisées comme liant pour améliorer les capacités mécaniques, thermiques, chimiques… de certains matériaux. L’amiante est présente dans des flocages, des faux-plafond, des linoléums, des vinyles expansés reliefs (VER, linoléum à relief), des colles (carrelages, revêtements de sol...), des tresses d'isolation, des calorifugeages, des fibrociments (parois, pots, toiture...), des crépis, des bitumes (colles, isolations...), des mastics de fenêtres, des cartons, etc... Au départ l'amiante était artisanalement ajouter aux matériaux pour les lier avant que cette technique ne devienne industrielle dans les années 1960.

 

Elle est cependant cancérigène, sous la forme de 4 maladies connues et l'interdiction d'utilisation en Suisse est venue progressivement avec d'abord les flocages en 1975 puis les autres applications en 1989.

 

PCB.

 

Les polychlorobiphényles également appelés biphényle polychloré sont des substances chimiques synthétiques. Ils font partie des polluants organiques persistants, difficilement dégradables.
En raison de leur nocivité pour l’homme et pour l’environnement, La Suisse a interdit l’utilisation des PCB dans les systèmes ouverts en 1972. Une interdiction générale a suivi en 1986.

Une absorption massive de PCB s'accumulent dans les tissus graisseux et peut conduire à une acné chlorique, une pigmentation de la peau, des dommages sur le foie, la rate et les reins, un affaiblissement du système immunitaire et pour de très grande doses, des troubles neuronaux et des risques accrus de fausses couches. De plus ce toxique est intergénrationnellement transmissible.

Les PCB étaient principalement utilisés pour isoler des condensateurs et des transformateurs, mais aussi à titre d’additifs dans l’huile hydraulique ou dans des vernis, résines, plastiques, encres d’imprimerie, colles et autres masses d’étanchéité des joints.


La majorité des grands condensateurs et transformateurs concernés ont été répertoriés puis éliminés. Les PCB sont toutefois encore présents dans certains joints (de séparation, de raccord, d'éléments et de contraction - constructions à ossature et par éléments), peintures et vernis.

De plus les PCB ont la capacité de migré dans les matériaux sur lesquels ils sont posés si bien qu'un assainissement définitif entrainera l'érosion sur près d'un centimètre du support.

Peintures au plomb.

 

Les peintures au plomb sont officiellement interdites depuis 2006 mais on peut encore observer une présence importante de revêtements muraux potentiellement toxiques dans notre parc immobilier. Deux tiers des bâtiments d'avant 1950 sont concernés, ainsi que 20 à 30% des bâtiments construits depuis.

Le plomb est un toxique connu depuis longtemps. Absorbé à forte dose, il peut se fixer dans l'organisme et est à l'origine du saturnisme, une intoxication difficile à identifier, car ses symptômes sont peu spécifiques, maux de tête, insomnies, vertiges, etc...


Les toxiques affectent tout d'abord les enfants de moins de 8 ans avec l'apparition de troubles psychomoteurs (retard intellectuel, agitation, irritabilité, troubles du sommeil, etc...), physiologiques (retard de croissance, anémie, atteinte rénale, etc...). Le retard intellectuel du a des toxiques est irréversible.

HAP.

 

Les Hydrocarbures Aromatiques polycycliques sont des produits naturellement obtenus dans tout processus de combustion et de dégradation impliquant du carbone. Ils représentent une famille de composé infini dont un, le benzo(a)pyrène, est un cancérigène avéré.